IL FAUDRA FAIRE LE TOUR

série de 11 photographies argentiques

impression sur papier fine art

40 x 60 cm et 20 x 30 cm

contre­collage sur dibond

« Au-delà des zones frontalières en tant que telles, les frontières structurent ou médiatisent notre relation au paysage et plus largement au monde, que l’on se situe sur un plan géopolitique, social ou encore imaginaire.

Si la frontière fonctionne comme une séparation et un lieu de passage entre des espaces, elle est aussi ce qui peut entraver le mouvement, en particulier celui des êtres humains, ou de certains d’entre eux. »

 

Mathias Lavin,

> article publié dans Filmer les frontières, 2016

Depuis 1994, la frontière entre la Turquie et l'Arménie est fermée et sous surveillance militaire. Les ponts permettant de franchir la rivière – séparation « naturelle » entre les deux pays - ont été détruits. Les Arméniens regardent de loin le Mont Ararat, symbole fondateur de leur histoire, situé aujourd'hui en Turquie, tout comme Ani, la plus ancienne capitale arménienne. A travers la reconnaissance du Génocide Arménien, la question qui oppose encore aujourd'hui l'Arménie et la Turquie, est celle de la restitution des territoires.

 

Ce parcours des plateaux d'Anatolie aux montagnes Arméniennes a fait émerger des passerelles, géographiques ou historiques, mais aucun symbole d'une cohabitation visible. Les seules images réunissant les deux pays dans un même cadre attestent de l'impossibilité de passage. La photographie centrale, immense crevasse qui scinde en deux le paysage, est entourée des postes-frontière (Turquie-Géorgie et Géorgie-Arménie), représentations concrètes du détour imposé.

 

Si ces ligne de séparation structurent notre relation à l'autre et notre relation au paysage, celle-ci produit un espace inhabité où la haine de l'autre est devenue plus traditionnelle que sincère, et où l'absence de dialogue a renforcé la frontière comme langage de domination.

COWS DON'T CARE ABOUT BORDERS

un film réalisé par Megan Barlow,

Angela Calvo, Diane Lentin, Dorota Ros,

Denis Ünver et Andres Vidal

50 min

HD - 16/9 - couleur - sonore

version originale multilingue,

sous-titres français & anglais

2017

> VOIR LE FILM

Hrant Dink, journaliste d'origine arménienne et fondateur du journal Agos à Istanbul, a prôné la rencontre entre la Turquie et l'Arménie, et a oeuvré pour le dialogue entre ces deux pays historiquement ennemis. Il est évoqué en ouverture et fin de ce film par deux autres journalistes vivant à Istanbul et à Yerevan. Ces deux hommes, syriens d'origine arménienne, se rejoignent sur la nécessaire évolution des mentalités quant aux relations turco-arméniennes cent ans après le Génocide et rendent hommage à la pensée de Hrant Dink, assassiné en 2007 par un nationaliste turc à Istanbul.

 

« Les arméniens qui appellent à boycotter la Turquie ne sont pas dangereux.

Ceux qui disent que les deux peuples doivent se rencontrer et se parler sont dangereux.

C'est pour ça que la Turquie emprisonne ces gens-là. »

Shant, extrait de Cows don't care about borders

 

Au cours de ce voyage d'Istanbul à Yerevan, en passant par la Géorgie pour contourner la frontière, c'est le message qui sera porté par l'équipe de 6 jeunes amis européens qui réalisent ce film. Après avoir parcouru plus de 2000km, rassemblant des témoignages, des opinions, ils se confrontent aux enjeux de la tradition et du nationalisme et mesurent la complexité géopolitique de cette région où cohabitent différentes cultures - turque, kurde, arménienne, azérie - piégées par les frontières modernes.