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LE E MUETTE

​Nous ne sommes pas dans le silence

Nous ne sommes plus dans le silence

Entre le pas et le plus,

il y a la guerre et c'est dommage.

extrait du texte Le E muette, Marie Pierre Redon

photographies argentiques sténopé

15 tirages 50 x 70 cm

15 témoignages

dimensions variables
impression sur bâche

L'Arbre Fromager est une association d'entraide basée à Cayenne qui met en place dans son centre d'accueil plusieurs types d'approches : un travail individuel en fonction des problématiques ; un travail en collectif à travers des ateliers ; un travail d'information sur des questions administratives, juridiques, de santé, de prévention, de scolarité, ... ; enfin, un travail psychologique dans les situations de violences psychologiques, physiques ou sexuelles.

C'est dans ce cadre que des femmes ont été invitées à réagir à cet extrait du texte Le E muette et raconter le chemin qu'elles ont parcouru ou qu'elles ont à parcourir encore pour briser le silence. Entre le pas et le plus : chaque femme s'exprime depuis cet espace qui est en même temps un seuil à franchir, une distance à parcourir et souvent un point de non retour ... Il est donc bien question d'une durée plutôt que d'un instant précis, d'un processus plutôt que d'une action seule.

C'est pourquoi ce projet se développe à travers deux dimensions, qui nécessitent toutes les deux un déroulement dans le temps : un entretien dont l'enregistrement sonore permet de recueillir la parole, présenté ensuite sous forme de retranscription et un portrait photographique réalisé au sténopé. L'intérêt de la prise de vue au sténopé est double puisqu'il s'agit de témoigner d'un processus qui se développe dans la durée : sortir du silence. L'appareil sténopé qui nécessite des temps de pose relativement longs permet donc de photographier la parole dans son déroulement, et, par ailleurs, même si cela peut paraître à première vue paradoxal, de réaliser un portrait anonyme. Le respect de cet anonymat étant une vraie condition pour encourager des femmes à témoigner de ce qu'elles ont vécu, ces portraits ne donnent donc pas à voir des visages mais plutôt des postures, des gestes, des attitudes pendant que la parole se libère.

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